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Rubin Sfadj: Travail le dimanche : ad nauseam

  • Gael · 5 months ago
    ah je me disais à la lecture de ton titre que tu allais encore te faire traiter de gauchiste (ou pire, suivez mon regard) mais il n'en est rien, alors j'en suis heureux pour toi ! :)
  • h16 · 5 months ago
    "La négociation, le compris, etc., tout ça c'est très bien,"

    Le compromis, je suppose ;)
  • Rubin Sfadj · 5 months ago
    @Gaël : c'est une feinte destinée à attirer le chaland ;-)

    @h16 : c'est corrigé !!
  • Gael · 5 months ago
    et ça a marché ! argh ! :)
  • Nemo · 5 months ago
    Rubin,
    J'étais moi-même plutôt en faveur de l'ouverture des magasins le dimanche, surtout que cela fonctionne bien au UK où je vis. Mais la culture y est tout de même fondamentalement différente.
    Aujourd'hui, je perçois réellement ce verrou que l'on souhaite faire sauter en France comme un pas de plus vers le règne absolu de "l'argent-roi" surtout que je ne vois pas de réel intérêt que ce soit pour le consommateur qui payera le surcoût salarial sur le prix final ou pour le salarié qui n'aura absolument pas le choix d'être volontaire.
    C'est ce que je développe dans mon billet du jour.
  • Nemo · 5 months ago
    Le commentaire du dessus est bien de moi. ;)
  • Donjipez · 5 months ago
    Je veux bien tout ce qu'on veut et j'ai un job où dimanche et jours fériés n'existent pas (mais sont compensés par des recups pour les seconds). Sauf que c'est un job fait par choix et on le sait en y entrant. Le salarié lambda exploité et sous payé d'Auchan, Carrefour et autres n'a pas la même situation. Ni la même capacité de résistance à la pression (je connais un peu le milieu de la grande distrib : il y a 20 ans c'était déjà caricatural). Donc ouvrir le dimanche pour qqs bourges et bobos sous prétexte éco c'est de l'escroquerie intellectuelle. D'ailleurs rien ne démontre un gain eco réel : report des achats (même aisé on n'a que les moyens que l'on a et on va pas acheter en double), surcout salariaux, tensions sociales, conséquences familiales et sur le stress-fatigue-maladie des employés, perte du "petit" commerce... Les aménagements actuels durant les périodes de fêtes étaient on ne peut plus suffisants. Encore un exemple du ni fait ni à faire des idéologues libéraux du sarkoland :)
  • mortimer · 5 months ago
    Le travail le dimanche est un symbole, devenu habituel, de la démocratie. Comme toute habitude, ce symbole n'est défendu, pour la plupart, que par ceux qui seraient contrariés par sa disparition, ceux pour lesquels le dimanche chômé est devenu une sorte de facilité de vie... La valeur de civilisation qu'il représente n'est plus guère défendu. Or, face aux modèles qui se profile -libéral, depuis longtemps, mais aussi les modèles chaotiques Chinois, Russe ou Indien- les valeurs de civilisations constitueront peut-être des valeurs "opposables aux tiers", certainement pas les habitudes ni les facilités de vie.
  • Rubin Sfadj · 5 months ago
    @Nemo : le consommateur paiera le surcoût salarial s'il le veut bien. L'avenir nous dira (si le travail dominical finit par être autorisé) si c'est le cas ou non. Et je ne vois pas en quoi autoriser le travail le dimanche rendrait celui-ci obligatoire.

    @Donjipez : la proposition déposée sur le bureau de l'Assemblée ne me paraît pas spécialiement libérale... En outre, pourquoi l'ouverture le dimanche nuirait-elle au "petit commerce" ?

    @Mortimer : vouliez-vous dire "le repos dominical", dans votre première phrase ? J'ai du mal à vous suivre. Pourriez-vous développer ?
  • Donjipez · 5 months ago
    Je pense notamment au commerçant individuel ou en couple qui n'a que ce jour de fermeture. Ou celui qui a peu d'employés et ne pourra organiser un turn over (les repos non pris un dimanche le seront bien un autre jour ?), sans parler d'un éventuel surcoût. Je crois que c'est un "machin" idéologique de la droite avant tout cette affaire de dimanche sans aucune garantie d'efficacité eco. C'est à contre courant de la société qui devrait se dessiner mais c'est un autre débat :)
  • Nemo · 5 months ago
    Rubin,
    "Et je ne vois pas en quoi autoriser le travail le dimanche rendrait celui-ci obligatoire". Comme je le développe dans mon billet à ce sujet, personnellement, je ne vois pas comment un salarié pourrait réellement refuser de travailler le dimanche.
  • Rubin Sfadj · 5 months ago
    @Nemo : apparemment, la libéralisation du travail dominical n'a entraîné nulle part une augmentation massive des actifs travaillant le dimanche (http://bit.ly/KloPG). C'est bien que les salariés peuvent dire non.

    @Donjipez : je le répète, autoriser n'est pas obliger. Personne ne sera forcé de travailler ou d'ouvrir le dimanche ! Rien d'idéologique là-dedans. Quand on voit la (longue) liste des pays autorisant le travail dominical, on se dit que la raison est plutôt culturelle...
  • Nemo · 5 months ago
    Rubin,
    " apparemment, la libéralisation du travail dominical n'a entraîné nulle part une augmentation massive des actifs travaillant le dimanche (http://bit.ly/KloPG). C'est bien que les salariés peuvent dire non."

    Encore une fois, ce qui se passe en Angleterre n'est pas transposable en France. Question de culture. En France, la nature hautement conflictuelle des relations sociales débouche quasi irrémédiablement sur de nombreux abus.

    De plus, je ne vous suis plus vraiment.
    Cet argument devrait justement vous servir à constater que l'autorisation du travail dominical n'a qu'un intérêt anecdotique face aux contraintes et surtout au symbole que celui-ci représenterait.
    Pas de dépenses supplémentaires, pas d'embauches supplémentaires, etc.
  • Rubin Sfadj · 5 months ago
    J'entends votre argument sur les relations sociales. Mais il est réversible : les syndicats auront à coeur de défendre les salariés forcés au travail domincal !

    Sur votre second point : je n'ai jamais retenu l'argument utilitariste en faveur du travail le dimanche. Je suis favorable à une libéralisation pour deux raisons principales :

    1. D'abord parce que l'État se mêle de ce qui ne le regarde pas quand il décide quel jour doit être chômé.

    2. Ensuite parce que j'aimerais bien qu'en France on puisse, comme dans la plupart des pays développés, faire ses courses, ou du shopping, ou que sais-je encore le dimanche.
  • Harald · 5 months ago
    “On constate aussitôt que le système du « laisser passer, laisser faire », dès qu’il atteint sa forme historique accomplie, ne peut fonctionner avec une efficacité maximale que s’il parvient, à chaque instant, à convertir la transgression permanente de toutes les valeurs héritées, en impératif catégorique et principe de sa propre expansion illimitée (…). La sacralisation permanente du désir, des différentes postures « rebelles » ou provocatrices, et de l’innovation sans fin, ne doit cependant pas être comprise comme la marque des seules formes développées de l’esprit capitaliste, même si c’est naturellement dans les conditions historiques de la consommation généralisée qu’elle trouve à se déployer de la façon la plus cohérente. En tant qu’idée elle est nécessairement présente dès les commencements de la philosophie libérale, lorsque celle-ci n’est encore qu’une utopie ingénieuse, soustraite à l’obligation de négocier des compromis historiques avec les différentes puissances établies, comme ce sera le cas tout au long du XIXe siècle.”

    Jean-Claude Michéa - Impasse Adam Smith

    Ainsi donc, pour avoir l'air développé comme les copains il faudrait donc avoir la possibilité de passer ses dimanches dans les centres commerciaux. Sacrifier encore un peu plus à l'assouvissement des désirs, puisque dans cette société on n'existe non pas par ce que que l'on est mais par ce que l'on a. Sacrifier au tout pognon pour le bien de la croissance, sans que l'on sache trop pourquoi ni à qui elle profite d'ailleurs. Enfin si, on le sait très bien mais si on le dit soit on passe pour un bolcho soit pour un réac.
  • Rubin Sfadj · 5 months ago
    @Harald : vous avez raison. Interdire, c'est tellement mieux.
  • Harald · 5 months ago
    C'est bien vous qui parliez de volontariat, de négociation ?

    Voilà : http://www.youtube.com/watch?v=pRk1RSWAyUc

    Lorsque des salariés refusent de passer sous les fourches caudines de leur employeurs et bien c'est la porte. Le volontariat c'est du pipeau pour les gogos. Mettez-vous bien dans le crâne que le patronat français n'a rien à voir avec celui des autres pays. La négociation il n'y va que lorsqu'il a le cran d'arrêt sur la gorge. Les syndicats ? Ils ne représentent que la fonction publique, et là encore on est loin du compte. Maintenant il existe un régime dérogatoire auquel on pourrait éventuellement au cas par cas rajouter une ou deux dates, mais je ne vois pas dans les raisons avancées quoi que ce soit qui puisse justifier que l'on oblige des gens, parce que c'est de ça qu'il s'agit et de rien d'autre et certainement pas de liberté, à sacrifier leur vie familiale sur l'autel du consumérisme à tout crin.
  • thomas · 4 months ago
    "1. D'abord parce que l'État se mêle de ce qui ne le regarde pas quand il décide quel jour doit être chômé."

    C'est donc un problème de jours maintenant ? Il faudrait que ce soit le samedis pour les juifs, et j'en passe ? On sait tous vers quoi mènent ces réflexions.

    "2. Ensuite parce que j'aimerais bien qu'en France on puisse, comme dans la plupart des pays développés, faire ses courses, ou du shopping, ou que sais-je encore le dimanche."

    Il faudrait s'interroger. Pourquoi vouloir voir les magasins ouverts le Dimanche ? Par utilité personnelle ? Ou bien pour faire comme tout le monde comme semblez le dire ? Tout ça me fait penser à l'uniformisation du monde telle qu'elle se dessine. Un pays ne peut-il pas fonctionner autrement ? Quel drame à avoir un jour, à l'origine consacré au Seigneur, où la consommation est mise en stand by ? Qui sérieusement ici peut dire que les problèmes économiques de la France proviennent de l'interdiction du travail dominical, même à petit échelle ? Défendre LA liberté sans lui donner de sens me semble être l'erreur continuelle de l'époque.
  • Rubin Sfadj · 4 months ago
    @Thomas :

    1. Non, moi je ne sais pas. Vers quoi mènent-elles, exactement ?

    2. Vous avez raison : luttons contre l'uniformisation du monde. Rétablissons les corporations, tant qu'on y est. Et donnons un sens à la liberté : lequel proposez-vous ?
  • thomas · 4 months ago
    1. La sociale-démocratie. Le socialisme.

    2. Je n'ai parlé nul part de corporations. Pouvez-vous m'expliquer votre raisonnement ?

    Quant au sens à donner à nos libertés, c'est en général un tout petit plus complexe que de définir ce qui doit être autorisé ou non. N'y a-t-il pas d'autres facteurs à prendre en compte, comme l'évolution de la société ? Sa pratique effective dans le monde actuel ? Evincer ces questions en invoquant LA liberté, c'est quelque chose qu'on retrouve dans les idéologies chimériques actuelles.
  • Harald · 4 months ago
    Qu'il puisse y avoir des poches de résistance à l'uniformisation du monde semble vous irriter. Quel pied ce sera lorsque toutes les villes du monde seront interchangeables, aussi neutres, tristes et mercantiles. Haro donc sur les traditions, sur tout ce qui fait sens dans une société humaine, a fortiori si c'est au nom de la tradition bi-millénaire chrétienne. Vouloir la liberté pour la liberté, c'est voir en cette dernière une fin et non un moyen, et on sait où cela mène : une société narcissique où l'individu évolue seul, livré au pire de ses prédateurs : ses désirs.

    Sur le retour des corporations, sans vouloir me montrer polémique, il me semble que l'ordre des avocats ressemble furieusement à une corporation.